les Champignons                    du GAEC ST PAUL

Installée à Loches, Sophie Crépin est l’une des seules productrices de champignons bio de la région. Particulièrement parfumés, qui plus est !!


La lueur danse sur le sol blanc : la lampe de poche éclaire de temps en temps quelques très rares traces d'un passé révolu. Celles d'un champignonniste d'autrefois qui trompait l'obscurité en dessinant sur les murs. Les marques, également, de ceux qui ont pu trouver refuge là pendant la guerre.



Dans cette ancienne carrière de la rue Saint-Jacques, à Loches, Sophie Crépin, Lochoise depuis l'âge de 3 ans, cultive depuis août  2009 des champignons bio, une relative rareté dans la région. Des shiitakés, pour être exact. Beaucoup plus parfumé que le champignon de Paris, ce dernier a bien des parentés gustatives avec ses cousins des sous-bois.


"Il faut être très rigoureux"

Après peut-être 200 mètres sous la conduite de Sophie Crépin et pas mal de zigzags dans cette relative et apaisante pénombre, on débouche sur une première salle. L'agricultrice appuie sur un insoupçonnable interrupteur. La lumière dévoile des blocs blancs disposés sur des sortes de tréteaux. Dans cet univers minéral, on pourrait croire, au premier coup d'œil, à des blocs de pierre taillés, comme un legs des anciens carriers. C'est en réalité le mycélium (blanc) qui a envahi le substrat fait de paille de blé et de graines de millet bio lui servant de support. Sylvie Crépin a ramassé le matin-même les champignons qui s'y étaient épanouis. Rien n'est chauffé. Ici, au fond, il fait au moins 13° en permanence.

« Nous recevons le substrat bio de la seule société en France qui en produit, indique la champignonniste. Il est fait sans chimie :

la paille n'est pas traitée; contre les maladies elle est en quelque sorte pasteurisée à la vapeur d'eau.

De nôtre côté, en culture, pas de chimie non plus. « Si la maladie s'installe trop, j'arrache les champignons. » Il y a quelques jours, la cavité a été envahie de moucherons. Pour s'en débarrasser, aucun produit: de simples désinsectiseurs électriques dotés de lampes infrarouges. Le sol est chaulé. « Il faut être très rigoureux, très propre, respecter une certaine hygiène », complète Sophie Crépin.
Sur les deux ou trois hectares que couvre la galerie, une quinzaine de salles abrite l'éclosion des champignons : 1.500 m2 de culture environ. 90 % de shiitakés, le reste étant des pleurotes. En ce moment, c'est la période la plus productive. « Je peux passer jusqu'à douze heures dans le souterrain, mais c'est exceptionnel. » Des heures de labeur dans le silence de la pierre.


Sophie CRESPIN


73 rue Saint Jacques

37600 LOCHES